Interview Robbie Dawson, Afrique du Sud par S. Curtis

Note : La Traduction est un Art difficile ou l'on parle plus souvent d'équivalences, que de sens strict. Cette Interview a été traduite dans le but unique d'en faciliter sa compréhension sans en dénaturer le sens ou les propos. Maréchalement Notre.


Avec l'aimable Autorisation de Simon Curtis / Podcast original

Traduction ; eMarechalerie








Simon Curtis : C’est en Afrique du Sud, sous un magnifique Soleil d'Été dans les montagnes, à la sortie de Durban, que nous nous retrouvons aujourd'hui. Je me trouve au Centre d'Entrainement des Purs Sangs afin d'interviewer Robbie Dawson, sur sa vie de Maréchal-Ferrant.

Quand avez-vous commencé à vous occuper des chevaux ?


Robbie Dawson ; J'aie commencé à ferrer à la fin des années 70, début des années 80, ici en Afrique du Sud, je travaillais alors pour mon frère et aie continué sans interruption depuis.


Simon Curtis : Votre Famille est-elle également dans le Monde du Cheval ?


Robbie Dawson : Toute ma famille dépend des chevaux, certains sont Maréchaux par exemples, d'autres sont dans le saut d'obstacle, ma mère, quant à elle, dirigeait un Centre Équestre. Oui, je crois qu'on peut dire que nous sommes tous dans ce Monde là.


Simon Curtis ; Etes-vous originaire d'Afrique du Sud ?


Robbie Dawson ; Ma mère est Australienne et mon père, Irlandais mais nous, les enfants, nous sommes nés ici.


Simon Curtis : Je sais que vous n'avez pas toujours été Maréchal Ferrant en Afrique du Sud, mais que vous avez également pratiqué la Maréchalerie en Angleterre. Je me demandais pourquoi ce choix ?

Robbie Dawson : Lorsque j'aie finis mon Service Militaire en tant que Maréchal-ferrant pour l'Armée pendant deux ans, je voulais parfaire mes connaissances et essayer de devenir le meilleur possible. C'est pour cette raison que je suis venu en Angleterre, possédant le passeport adéquat, coté administratif, c'était relativement simple.

Lorsque je suis arrivé en Angleterre, lors de ma première année, j'aie travaillé comme palefrenier dans une écurie de steeple-chase. Ça a été une très bonne expérience puisque je ne connaissais rien à ce milieu.

Par la suite, on m'a proposé de devenir apprenti Maréchal-Ferrant, et c'est vous, d'ailleurs, Simon Curtis, qui m'avez évalué à l'époque. (rires)

Ayant pratiqué en Afrique du Sud, j'aie eu la chance d'avoir une durée d'apprentissage réduite, ce dont je suis reconnaissant. Je suis sorti diplômé en Angleterre en 1993. A l'époque, je travaillais pour Jerry Baker, qui était à la fois mon mentor et une personne fantastique. Ses nombreuses connaissances, ses amis ont été autant de Soutiens qui croyaient en moi et j'en serais éternellement reconnaissant.


Simon Curtis ; Et aujourd'hui alors, (bien des années plus tard) de quel type de chevaux vous occupez-vous ?


Robbie Dawson ; Je travaille principalement avec des Pur-Sang, des Thoroughbred, des chevaux de course. Vous savez, ils sont plus légers et je suis très grand. Pour être honnête, je ne veux vraiment pas finir dans un fauteuil roulant arrivé à 60 ans donc je travaille avec ces chevaux.

C'est un cheval très intéressant en Maréchalerie. Point important, je n'aie pas besoin de me déplacer et perdre du temps en voiture, je suis sur place. J'aie la chance d'avoir une équipe fantastique ou chacun se donne du mal, ce qui rend le travail plus facile et simplifie aussi la vie des propriétaires pour qui je travaille. Oui, j'aie vraiment la chance d'avoir une très bonne équipe et que tout le monde me soutienne.


Simon Curtis ; Parlez-moi de cette période, l'été, qui est une période d'entrainement pour les chevaux de course, ici.


Robbie Dawson ; Et bien, en fait, on pourrait dire que nous sommes dans les Coulisses. Ce n'est pas ce que vous verriez sur un Show, c'est très différent. Ici, nous avons une Ecole de Jockeys , qui permet aux jeunes, un véritable apprentissage. En ce qui concerne l'Entrainement des chevaux et des conditions, nous avons beaucoup d’entraîneurs différents avec chacun un piquet de chevaux attitré. Je pense que le plus gros entraîneur dont je m'occupe, doit avoir 140 chevaux au total et le plus petit, seulement 41, le nombre varie beaucoup. Chaque entraîneur développe ses techniques, sa routine, en fonction de bien des facteurs comme le cheval ou la saison par exemple. Ici, l''été, il fait chaud. On commence de bonne heure dès que le soleil se lève, puisque les gros chevaux s’entraînent "à la fraîche" par exemple, on fait en fonction.


Simon Curtis ; Ce matin, j'aie fait une partie de la tournée avec vous et aie pu visiter 3 écuries, et aie beaucoup apprécié. Votre équipe, en plus de vous-même, est composée de 4 autres Maréchaux. En tant qu'Entreprise, vous avez forcément une clientèle régulière à tenir. Est-ce-que vous pourriez nous expliquer comment vous fonctionnez ?


Robbie Dawson : Ici, en Afrique du Sud, même si effectivement on peut parler de "clientèle régulière" il s'agit plus dans l'esprit, de roulement, donc de chevaux qui partent et reviennent. Notre monnaie est faible, et le coût de la vie élevé, c'est pourquoi nous devons ferrer beaucoup de chevaux. Nous avons donc réfléchis au problème : Si vous êtes assis dans une voiture, vous perdez du temps et de l'argent. Nous, nous sommes sur place, nous devons faire 5 Kilomètres par jour, nous avons beaucoup de travail et des engagements à tenir. Je dois rester joignable en permanence, 7 jours par semaine. Je peux être chez n'importe lequel de mes clients en moins de 5 minutes en cas de problème et je tiens à assurer un Service de qualité. N'importe lequel de mes chevaux peut courir demain ou presque avec notre Organisation.

Vu de l'extérieur, ça peut paraître dur, mais mes employés sont très doués, ils sont attentifs. Evidemment, tout le monde peut faire des erreurs, ce qui est rarement voulu et je ne dis pas que ça n'arrive jamais mais, sur les 4 dernières années, nous n'avons eu aucun problème majeur.


Simon Curtis : J'aie été impressionné d'ailleurs par la synergie de votre organisation, elle est bien rodée ! Vous faites effectivement beaucoup de chevaux, chose impossible s'il y a des failles. Vous êtes vraiment organisé, je n'aie vu personne courir dans tous les sens.


Robbie Dawson : Oui, c'est ce à quoi nous travaillons, notre rythme est certes, soutenu mais personne ne se fatigue inutilement pour autant. Je pense que c'est justement lorsque vous êtes fatigué que les accidents arrivent. Vous n'êtes pas d'humeur, vous avez mal au dos, le cheval le ressent. C'est à la fois dangereux et une perte d'énergie, on ne peut pas travailler dans ces conditions. Tous mes ouvriers sont doués, ils travaillent tous avec moi depuis longtemps, le plus récent d'entre eux est là depuis neuf ans déjà, on se connait bien, on se comprend bien, ils me connaissent et je les connais. Tout ce que nous voulons, c'est aller de l'avant ensembles, rester positif, garder le cap, et c'est ce que nous faisons.

Simon Curtis : Changeons de sujet : Il existe beaucoup d'Associations dans le pays, mais je voudrais que vous me parliez de ce Phare qu'est pour moi la votre. Parlez-moi de l'Association des Maréchaux-ferrants d'Afrique du Sud. Qu'est ce que c'est ? En quoi ça consiste ?


Robbie Dawson : Il existe de nombreuses Associations, ici mais avec toutes le même problème : elles fluctuent. D'une année sur l'autre, d'un mois sur l'autre, l'une meurt quand l'autre se crée, elles ne sont pas stables et donc ne peuvent pas vraiment être actives et remplir leur rôle. Quand nous avons réfléchit au problème, avec Robbie Miller, nous avons pris en exemple l'Association Américaine des Maréchaux qui était déjà venue ici. Tout ne nous plaisait pas et on s'est dit qu'on pouvait faire la même chose, mais dans une Version à nous, une Version "Afrique du Sud" en retirant ce qui ne nous allait pas. Pendant un An, nous y avons réfléchit un peu tous les jours, chacun de notre coté, tout en continuant à en discuter.

Lorsque nous nous décidâmes et que nous l'avons finalement créé, tout le monde était sceptique au regard de tout ce qui avait déjà été tenté. Tout le monde se rappelait de toutes ces Associations qui n'avaient jamais pu fonctionner réellement.

Et puis le temps est passé, petit à petit de plus en plus de monde nous a rejoint, certains Maréchaux réputés nous ont aidé pour promouvoir notre Vision et nous avons commencé à être de plus en plus nombreux. Différents profils sont arrivés de tous les horizons, d'autres Pays aussi comme des Américains, des Australiens, des Sud-Africains bien sûr, ainsi que des femmes. Le temps passant, le nombre a grandit jusqu'à ce que l'Association des Maréchaux d'Afrique du Sud devienne incontournable, tant nous étions.

Dans l'ensemble, de mon point de vue, je peux dire que tout va pour le mieux, nous n'avons aucun problème, bien au contraire, on s'amuse beaucoup ! A l'heure actuelle, je pense que nous sommes l'Association la plus ancienne maintenant et celle dont on attend le plus de choses aussi. Comme je le dis souvent, rejoignez-nous pour faire bouger les choses, pour monter des projets sur la durée et faire des choses tous ensembles, car ensembles, on est plus fort.

Simon Curtis ; C'est réellement une bonne chose. Quels sont les objectifs majeurs de votre Association ?

Robbie Dawson ; Notre Axe principal est clairement l'éducation, l'apprentissage, c'est très important pour nous. Grace à notre diversité d'horizons, nous pouvons entraîner et mieux préparer les jeunes à l'obtention des examens en s'appuyant sur des diplômes et formations partout autour du monde. Car au final, en réalité, ici, nous n'avons rien. Il n'y a pas d'écoles de Maréchalerie en Afrique du Sud, donc pas de Diplôme obligatoire. C'est pour ces raisons, que nous organisons des Conférences, des "Clinics" ou des Compétitions internationales depuis des années. Beaucoup d'excellents professionnels viennent animer, juger, partager et ça nous sert à tous.

Les Examens que nous faisons passer sont de véritables Tremplins pour les apprenants qui en ressortent diplômés. Je crois fermement dans le "Ensembles, on est plus fort"

Juridiquement, on ne peut pas passer un Diplôme qui dépend d'un autre Pays, sans "avoir fait son temps" sur place, justifier d'heures de formations etc. Certaines Associations Nationales, représentées par des Maréchaux dûment diplômés de leurs Pays d'origine, cependant, nous rejoignent et peuvent faire passer leur(s) Diplôme(s) en Afrique du Sud, lors de passage d'Examens Officiels !Pour un jeune Sud-Africain, avoir cette opportunité ouvre un nombre de portes incalculables en plus de la connaissance !


Chaque année nous sommes plus nombreux, chaque année, nous sommes plus fort, que demander de plus ?


Simon Curtis ; Je dois ajouter d'ailleurs à ceux qui nous écoutent, que je ne suis pas seulement là pour l'Interview, je profite de la faire aujourd'hui, mais suis là avec mon équipe également pour faire passer les Examens. Nous sommes d'ailleurs ravi du niveau que nous avons à juger, quelle Evolution ! Il y a douze ou treize ans, je suis venu à Pretoria et, depuis, les Standards ont beaucoup évoluer, afin d'être devenus bien plus élitistes. C'est réellement une très bonne chose ! Toutes mes félicitations pour votre Travail et celui de l'Association !


Robbie Dawson ; Vous savez, il y a douze ou treize ans en arrière, ces Maréchaux que vous avez pu voir, ne savaient absolument pas forger un fer à cheval. Lorsque je suis arrivé en Angleterre, je parais très court les pieds, vraiment très court, je n'avais jamais forgé un seul fer de ma vie non plus. Mais on apprend, et si l'on veut vraiment, on y arrive. Je ne savais pas plus que les autres, forger un fer et j'aie appris. Les générations évoluent, elles apprennent et grandissent avec un bagage qui se construit. Aujourd'hui, ils veulent savoir, ils veulent travailler, on se retrouve donc dans un Système Gagnant-Gagnant profitable à tout le monde.

Simon Curtis ; Nous en arrivons à la question philosophique de cette Interview. Selon vous, quelle est la chose la plus importante que vous avez appris dans votre Vie ?

Robbie Dawson : Il y a tellement de choses que j'aie dû apprendre dans la vie, mais je retiendrais surtout qu'on n'est jamais trop vieux pour apprendre. La vie est faite de rencontres et il y a toujours une solution pour chaque problème. "Quelque chose d'impossible" pour moi, ça ne veut pas dire grand chose. Je regarde rarement dans le rétro-viseur, c'est trop petit, je préfère regarder vers l'avant, ce qui permet de mieux apprécier les possibilités de la vie.


Simon Curtis : Je sais que vous êtes quelqu'un de très positif, et c'est pour cela que vous vous occuper de tant de choses en aidant les autres ou en organisant avec votre Association, de toutes les manières possibles.

Que pensez-vous faire de votre Vie future ? Car je le rappelle, vous avez 53 ans. Que voudriez-vous devenir comme Maréchal-ferrant, comme personne ?


Robbie Dawson : Comme Maréchal-Ferrant, je détesterais avoir à ranger mes Outils un jour, de de devoir poser ma servante dans un coin et savoir que je ne pourrais plus m'en servir. Je redoute ce jour s'il devait arriver. Ma vie future restera dans ce pays, avec ces gens qui y vivent. Je suis heureux d'être dans cet endroit merveilleux ou l'on entraîne et ou l'on dresse les chevaux.


Si un jour je dois arrêter, je continuerais mon travail avec les plus jeunes, je veux les aider à continuer ce chemin que nous avons aidé à tracer, à faire en sorte qu'ils puissent avoir une aussi belle vie que celle que nous avons eu.

Remerciement d'Usage.

Interview réalisée par Simon Curtis.

NB ; La Traduction est un Art difficile ou l'on parle plus souvent d'équivalences, que de sens strict. Cette Interview a été traduite dans le but unique d'en faciliter sa compréhension en essayant au plus possible d'en garder le sens strict. Merci à Simon Curtis pour son aimable autorisation. Maréchalement Notre. GP


Interview complète (Podcast original) : https://soundcloud.com/hoofofthehorsepodcast/the-hoof-of-the-horse-episode-1-simon-curtis-robbie-dawson-in-south-africa